Budo

Etymologie :

bu - guerrier, martial
do - voie, chemin

NB : Les deux caractères qui composent l'idéogramme bu signifient respectivement arrêter et lance. Le sens originel du kanji bu était donc "Arrêter la lance" dans l'acception "s'opposer à la violence". L'évolution sémantique du terme en guerrier a entraîné une transformation importante de signification puisque l'idée de défense/pacification a cédé le pas à celle d'attaque/agression.

Traduction :

Chemin martial
Voie de la guerre
En tenant compte de la signification originelle des kanji, on obtient un sens bien différent
Chemin qui s'oppose à la violence
Voie capable d'arrêter la guerre

Contexte :

En 1603 le Shogun Tokugawa Ieyasu unifie le Japon féodal sous sa bannière, mettant fin à plusieurs siècles de guerres civiles. Le gouvernement militaire qu'il met en place à Edo impose par la force une paix durable jusqu'en 1868. La finalité guerrière des techniques de combat étant remise en cause, ses dépositaires entreprennent une lente mutation. L'art de la guerre est sublimé. L'éducation guerrière ne sert plus à écraser l'ennemi sur le champ de bataille mais à se dépasser soi-même. Cette recherche plus spirituelle que physique s'imprègne de philosophie et d'éthique religieuse (shinto/bouddhisme zen). Cette période pré-Meiji recoupe les ko (anciens) budo par opposition aux shin (nouveaux) budo dont la création est postérieure à cette date (judo, aikido, kendo...).
Selon cette classification, on peut donc dire que l'école Muso Shinden Ryu Iaido est un shin budo plongeant ses racines dans plusieurs ko budo (Omori, Eishin...)

Iaïdo

Etymologie :

i - vivre, exister
ai - harmonie, union
do - voie, chemin

Traduction :

Le chemin de la vie en harmonie
Exister en union avec la voie
La voie de l'union de l'être/l'individu
Le préfixe "i" peut aussi être interprété par le chiffre "1" (homophonie)
La voie de l'unité harmonieuse
Harmoniser l'un sur le chemin
La voie de l'union de l'un(individu)

Contexte :

Ce n'est qu'au 20e siècle que l'on commença à utiliser le terme "Iaïdo" et que cet art fut considéré comme une discipline spécifique au sein des autres Budo.
Jusqu'alors les termes les plus couramment utilisés étaient Iaïjutsu ou Batto-Jutsu. Cette nouvelle appellation marque le passage de l'art de tuer à l'art de vivre.
La différence est essentielle : en Iaïjutsu prime l'efficacité combative ; en Iaïdo c'est le développement spirituel et moral qui prend une place prépondérante.

Hayashizaki Jinsuke Minamoto No Shigenobu

La grande majorité des écoles de iaido accorde la systématisation du principe de "dégaîner en coupant", tranchant tourné vers le haut, à Hayashizaki ; malheureusement le consensus ne s'étend pas à sa biographie. Malgré les efforts de nombreux chercheurs, la vie de ce personnage reste obscure en raison du manque de documents et de l'excès de légendes. La biographie qui va suivre n'a donc pas la prétention d'être exhaustive, il s'agit juste de la compilation des assertions les plus reconnues.

Hayashizaki

Biographie :

Celui-ci naquit sous,le nom d'Hojo Jinsuke Shigenobu vers 1546 et mourut Hayashizaki Jinsuke Minamoto No Shigenobu aux environs de 1621.

Plusieurs théories s'affrontent sur son lieu de naissance. Nombre de chercheurs soutiennent que Jinsuke est originaire de la province de Sagami (aujourd'hui Kanagawa). Cependant le "Uno Mataji Sensei Den" affirme qu'il s'agit de la région d'Okushu (district d'Hayashizaki, ville de Murayama, préfecture de Yamagata) alors que le "Bugei Ryuha Daijiten" soutient que la famille de Jinsuke descend du Prêtre Ikubo de Ohbayashiyama (Province de Yamato).

Plus tard, Jinsuke a voyagé jusqu'à Oshu dans la province de Mutsu (actuelle Yamagata) où il effectua une retraite monastique dans le sanctuaire Hayashizaki Myojin de Okura. Le "Godaiki" prétend que la divinité de ce sanctuaire est une manifestation du "dieu" de Kashima. C'est un point intéressant car les kami des sanctuaires Kashima et de son voisin Katori ont déjà inspiré les fondateurs de deux des plus anciennes écoles de bujutsu. [Matsumoto Bizen (1468-1524) du Kashima Shin Ryu et Iizasa Ienao (1387-1488) du Katori Shinto Ryu]. Le concept de couper en dégaînant existait dans ces deux écoles avant la naissance de Jinsuke.

A l'issue d'un entraînement ascétique de 100 jours, Jinsuke eut l'idée (inspiration divine) de systématiser l'utilisation du principe "dégaîner en coupant" et de se servir d'un sabre plus grand à la poignée plus longue que la normale pour surpasser ses adversaires. Il nomma ce sabre muso ken (sabre d'inspiration divine) et changea son propre nom en Hayashizaki en remerciement au kami local.

Temple de Hayashizaki

Hayashizaki vécut à Bushu (aujourd'hui Saitama) 18 ans pendant lesquels il effectua de nombreuses retraites au sanctuaire Hikawa. Pour parfaire sa technique Hayashizaki traversa le Japon à la façon Musha Shugyo (pélerinage guerrier). Durant cette période, il essaima ses idées auprès de nombreux adeptes qui les firent fructifier en de multiples écoles. C'est ainsi que Hayashizaki devint le "Père spirituel" de "toutes" les écoles de Iaido. Sa trace disparait pendant son second tour du Japon et on présume son décès vers 1621.

Muso Shinden Ryu

Etymologie :

mu - rêve, rêverie
so - pensée, conception
shin - divinité, esprit
den - racine, origine
ryu - école, style

Traduction :

Ecole originaire du rêve divin.
Style dont la conception a été inspirée par les esprits durant une rêverie.
Ecole développée selon une vision divine apparue lors d'un rêve.

Contexte :

On attribue la formalisation du concept de "iai-jutsu" (dégaîner en coupant) à un samouraï de l'ère Edo nommé Hayashizaki Jinsuke Minamoto no Shigenobu. Dès lors, des générations de guerriers ont développé ce concept grâce à leurs connaissances ; ce qui bien entendu a donné une multitude de styles très différents car enrichis d'expériences variées (champ de bataille ou duel, un ou plusieurs adversaires, avec ou sans règle, préparé ou surpris, etc...). Ces écoles pratiquaient le sceau du secret et ne démontraient pas leurs techniques en dehors du clan afin de conserver l'avantage sur le champ de bataille.

A l'aube du 20ème siècle, la modernisation du Japon décidée par l'empereur MEIJI annonce la fin de la féodalité. Le samouraï n'est plus qu'un symbole du passé auquel on interdit le port du sabre. C'est alors qu'une mutation va s'opérer dans les écoles d'escrime japonaise. Les techniques martiales (jutsu) devenues inutiles vont devenir des voies d'éveil (do).

C'est dans ce contexte que Hakudo NAKAYAMA (1869-1958), 16ème soke de la branche shimomura-ha du style Hasegawa Eishin Ryu codifia à partir de ses acquis antérieurs ce qui allait devenir Muso Shinden Ryu Iaido.

L'école Muso Shinden Ryu se divise en trois séries distinctes :

  1. Enseignement de base : Shoden ( position Seiza, à genoux ) comprenant 12 kata ; également appelé Omori Ryu.
  2. Enseignement avancé : Chuden ( position Tatehiza, assis avec un genou relevé ) comprenant 10 kata ; également appelé Eishin Ryu ou Hasegawa Ryu.
  3. Enseignement profond : Okuden Suwari-Iai ( position Tatehiza ) comprenant 8 kata
    et Okuden Tachi-Iai ( position Tachi debout ) comprenant 10 Kata suivis de 3 Kata en seiza.

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